Noël : Fête de la Nativité

Nous fêtons Noël dans la joie, chaque année, de la naissance de notre Seigneur Jésus-Christ. Pourquoi Noël est-il le 25 décembre, et pourquoi cette date a-t-elle été retenue pour fêter la naissance de Jésus ?

En effet, bien que le calendrier julien existât et fût en pratique à Rome, les hébreux ne le pratiquaient pas et le calendrier hébraïque était de mise. Aussi, le mois de décembre n’était pas quelque chose de connu en Israël, à l’époque de la naissance du Christ. L’année civile commençait le 1er trishri (et elle commence toujours pour nos amis qui utilisent encore ce calendrier). C’est la fête de Rosh Hashana. Le 1er trishri correspond environ au 20 septembre, il se déplace autour de cette date. En 2018, il a eu lieu le 9 septembre, en 2019 le 29 septembre. Tishri est donc sur septembre-octobre.

Après le mois de tishri vient le mois de heshvan, sur octobre-novembre, et le mois de kisleu sur novembre-décembre. Ce site est très utile pour obtenir une correspondance.

Dans l’éphéméride du mois de kisleu, on trouve une date particulièrement importante, le 25 (tiens ?)
C’est la fête de Hannoucah. Alors qu’Antiochus IV menait une guerre contre Israël, pour étendre la culture grecque depuis plusieurs années, la révolte, menée par Judas Maccabée obtenait des victoires avec l’aide de Dieu. Le temple de Jérusalem avait été profané par les impies, et le culte n’y était plus célébré. Judas repris le temple et le fit à nouveau consacrer par des prêtres rigoureux dans leur foi. Hannoucah célèbre le miracle de la lumière. en effet, une seule fiole d’huile fut retrouvée intacte et non profanée. Une fiole était prévue pour contenir assez d’huile pour brûler durant une journée. Elle fut utilisée le 25 kisleu pour allumer la menorah dans le sanctuaire, mais il fallait en produire d’autres, et la production de fioles d’huile prenait huit jour. Le miracle fut que la fiole intacte retrouvée dura finalement les huit jours nécessaires. Et c’est ce miracle, (et non les succès militaires tout aussi miraculeux vu les rapports de force en présence) qui est fêté lors du 25 kisleu à hannoucah.

Cette date est donc la réinauguration du temple de Jérusalem, après sa profanation par les impies.

Or Jésus est né à cette date, le 25 kisleu. On trouve plusieurs sources d’une part, mais d’autre part, cela fait vraiment sens. Les sources tout d’abord : La mystique Maria Valtorta rapporte ce dialogue de Jésus avec Pierre dans le second tome de son oeuvre. On trouve également cette date chez Pierre Milliez, dans son ouvrage Jésus, au fil des jours.

Le sens ensuite. La ré-inauguration du temple n’est-elle pas la mise en oeuvre renouvelée de la foi hébraïque, après avoir nettoyé des éléments impurs qui l’avaient profanée ?
Jésus annonce que le nouveau temple (celui-ci sera détruit par les romains en 70) sera son corps ressuscité, avec cette comparaison entre son corps et le Temple de Jérusalem. Sa naissance est donc également une ré-inauguration, celle de la vraie foi en Dieu Trinitaire, qui s’incarne en Jésus le Messie.

En 354 le Pape Libère impose la date du 25 décembre pour célébrer la Nativité, mais dès 336, on trouve des traces des messes de Noël célébrées le 25 décembre. Il est dit que c’est pour contrer des cultes païens à Mithra (dont la naissance, Sol Invictus était célébrée le 25 décembre). C’est sans doute vrai aussi, mais je ne peux pas croire que le Saint Esprit n’ait pas agi pour inspirer proprement nos amis de l’époque, en attendant qu’une révélation tardive n’arrive. Garder le 25 du 25 kisleu, choisir le mois le plus proche, en l’occurrence décembre.

Il arrive que le 25 kisleu coïncide avec le 25 décembre. C’était le cas en 2016 et cela le sera de nouveau en 2027.

Hannoucah est une fête qui dure 8 jours, et nos fêtes chrétiennes sont aussi des octaves, il n’est donc pas trop tard pour vous souhaiter un

Joyeux Noël à tous !

 

 

La Hiérarchie

S’il y a un mot dont le sens se perd peu à peu, c’est bien celui-ci. Se perd ou change, lentement mais sûrement, altéré par l’air du temps.

En grec : En arkhè, le commencement, mais aussi le principe, donc ce qui détermine la suite. C’est le propre de celui qui dirige.

Le grec Ἐν ἀρχῇ (En arkhè) sont les premiers mots de la septante, (mal) traduits bien sûr par Au commencement. Mais le Berechit d’où ils proviennent, désigne plus sûrement un principe, comme une base fondamentale.  Et d’ailleurs on peut comprendre que la première phrase de la genèse soit « principielle », primordiale, fondamentale.
On retrouve donc cette notion chez celui qui dirige, chez le chef qui doit donner la direction, et c’est pourquoi en français nous retrouvons le préfixe « arch- » pour désigner quelqu’un qui a une autorité. Par exemple l’archevêque, l’archidiacre, et même l’architecte, maître de construction qui dirige les ouvriers. C’est le dirigeant qui met en place les principes de constructions de la maison (l’architecte), qui donne l’orientation spirituelle à adopter dans le diocèse (l’archevêque).

L’archi est celui qui a le pouvoir, qui est le chef, dans le sens de tête, celui qui donne le principe.

De nos jours archi est un préfixe que l’on place partout où l’on veut accentuer l’effet : c’est archi-important !!

Le grec ἱερός (hierós ) qualifié ce qui est sacré.

ἱερός, (hierós, sacré) et ὄνομα, (ónoma, le nom) ont fini par donner le prénom Jérôme, qui signifie le Nom Sacré (Celui de Dieu) (Voir un prochain article sur le Nom de Dieu)

Le sacré est ce qui ne se touche pas.(« Attention ! c’est sacré ! ») C’est même passé dans le langage courant, par exemple une habitude à laquelle on ne déroge pas devient « sacrée » (exemple : Ah mon café du matin, il est sacré !, ce que tout le monde comprend c’est l’idée qu’il ne faut pas l’enlever, c’est important pour le buveur de café). Mais dans notre domaine, le sacré relève de ce qui n’est pas de ce monde-ci (Voir un prochain article sur la notion de sacré), mais plutôt du monde venant, ce pourquoi nous ne pouvons pas le toucher.

Sacraliser un objet n’est autre que dire : « Attention il ne faut pas voir dans cet objet son propre terme, mais il désigne une réalité qui n’est pas d’ordre sensible, qu’on ne peut pas toucher »

La hiérarchie est donc étymologiquement un commandement sacré, un principe sacré, intouchable, inviolable.

Bien sûr, prendre des exemples dans ce monde-ci, dans notre environnement immédiat, notre travail, notre pays, est impossible. Nous n’y trouverons jamais une véritable hiérarchie. En effet une fois un pouvoir en place, il doit en général et avant tout se préoccuper d’y rester, vu comment les opposants font tout pour le destituer. Et d’autre part, notre pouvoir politique étant par définition temporaire (rythme des élections), aucune hiérarchie réelle n’existe.

La hiérarchie ne peut être modifiée, elle n’est donc pas d’ordre contingent. On trouvera une hiérarchie dans la description de la Nature Humaine, (voir article sur la Nature Humaine). On trouvera une hiérarchie dans la famille dont l’exemple principiel est la Sainte Famille. On trouvera une hiérarchie céleste des ordres angéliques.
Aucune de ces hiérarchies ne peut être modifiée, aucun décret ne peut assurer un changement dans celles-ci.

On peut parler d’une chaîne de commandement, mais parler de hiérarchie au sein d’une entreprise, d’une structure sociale, d’un gouvernement quel qu’il soit, c’est mésuser du mot, tel qu’il se définit étymologiquement.

Le fondement de toute hiérarchie c’est Dieu, le Dieu Vivant en qui rien ne change. Il est nécessairement présent, dans l’image ci-dessus, puisque son immuabilité est la garantie de toute hiérarchie vraie.

 

 

 

Trois mystères

[…]Si nous voulons grandir et être remplis de l’amour de Dieu, il faut planter notre vie sur trois grandes réalités – La Croix, l’hostie et la Vierge : crux, hostia et virgo… Ce sont trois mystères que Dieu a donnés au monde pour structurer, féconder, sanctifier notre vie intérieure et nous conduire vers Jésus. Ce sont trois mystères à contempler dans le silence. […]

Card. Robert Sarah, 
in « La Force du Silence», p. 70
(éd. Fayard – octobre 2016)

Obéir au réel

[…] Obéir à la nature des choses fut, pendant des générations, un postulat de base présent dans le sens commun y compris des illettrés et des incultes. Le paysan au milieu de sa rizière, l’artisan avec son marteau, le pêcheur avec son filet savent encore que chaque chose nous résiste selon ce qu’elle est, qu’ils doivent rester dociles et attentifs au réel s’ils désirent le vaincre ou le maîtriser dans le domaine qui leur est propre. La victoire passe nécessairement par l’obéissance au réel. Ne pas l’accepter, c’est s’exposer à des erreurs qui entraînent des conséquences dramatiques.

Pour construire une civilisation qui perdure, il faut commencer par respecter les principes naturels et reconnaître que le feu brûle, que l’eau désaltère et mouille, que le soleil réchauffe et fait lever le grain, que l’homme ne vit pas seulement de pain, qu’un enfant n’est pas un objet non identifié dans le ventre de sa mère… Tout va bien lorsque tous ou la majorité des personnes qui composent la société se retrouvent en ce même credo. Tout commence à aller mal lorsque, malgré l’évidence, des voix s’élèvent pour affirmer le contraire de ce qui est ou bien prônent un relativisme en la matière. Le déni de réel est cause de décadence. […]

Rd Père Jean-François Thomas, s.j.

in « Les mangeurs de cendres – petit traité spirituel », pp. 28-30

(éd. Via Romana – mars 2016)

Amer Constat

[…]Progrès ? – Le monde, depuis un siècle, évolue à pas de géant. Tout se précipite : le vent du « progrès » nous coupe la face. Amer symptôme : l’accélération continue est le propre des chutes plutôt que des ascensions.[…]

Gustave THIBON
in L’Echelle de JACOB p.173 –
H Lardanchet 1946